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Mar 31 2014

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Le sourire éternel de Bouddha…

le sourire eternel

« Le sourire, une sorte de printemps du coeur »

Matthieu Ricard – Le sourire éternel de Bouddha –

 

Les bouddhistes semblent toujours voir la vie « en or ».

Matthieu Ricard, proche du dalaï-lama, commente pour nous le visage serein d’un bouddha khmer, afin de nous guider sur le chemin de cette paix intérieure.

Docteur en génétique cellulaire, Matthieu Ricard a rompu avec sa carrière de scientifique en 1972. Depuis cette date, installé en Inde et au Népal, il s’est entièrement consacré à l’étude du bouddhisme tibétain.

Moine, interprète français personnel du dalaï-lama, il a publié notamment « Le Moine et le Philosophe », livre de dialogue avec son père Jean-François Revel, « Plaidoyer pour le bonheur » et « Plaidoyer pour l’altruisme ».

Il y a de nombreuses façons de faire l’expérience du monde.

Voir la vie en or, c’est essentiellement se rendre compte que tous les êtres, y compris nous-même, ont en eux un extraordinaire potentiel de transformation intérieure et d’action.

Voir la vie en gris, c’est penser que celle-ci est vouée à l’échec et au malheur, que l’on ne peut rien en faire de bon, pas plus que l’on ne peut sculpter un morceau de bois pourri.

Le pessimisme reflète une vulnérabilité fondamentale à la souffrance, qui peut aller jusqu’au dégoût de vivre, le sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue parce que l’on est dans l’impossibilité de lui trouver un sens.

L’optimisme authentique permet d’utiliser chaque instant qui passe pour se transformer soi-même afin de mieux transformer le monde, pour apprécier le moment présent et jouir de la paix intérieure, au lieu de perdre son temps à ruminer le passé et à redouter l’avenir.

Comme l’écrivait Alain dans « Propos sur le bonheur » : « Quelle chose merveilleuse serait la société des hommes, si chacun mettait de son bois au feu, au lieu de pleurer sur des cendres ! »

Les yeux de la connaissance :

Le Bouddha ne ferme pas les yeux sur le monde, mais tourne son regard vers l’intérieur pour mieux le comprendre.

Il est comme le poisson d’or qui nage les yeux grands ouverts dans l’océan du samsara, le monde de l’ignorance conditionné par la souffrance.

Ce sont les yeux de la connaissance et de la compassion.

Le Bouddha est en adéquation avec la réalité, car il perçoit la nature ultime des choses : l’interdépendance des phénomènes et la non-existence d’un moi autonome.

Il reconnaît le potentiel d’éveil présent en chacun même lorsqu’il est dissimulé derrière les nuages de la confusion mentale et des émotions perturbatrices.

Le sourire de l’amour altruiste :

Le sourire de Bouddha est l’expression d’un amour altruiste sans limites, fondé sur une juste connaissance de la nature des choses.

Ce sourire reflète une bienveillance inconditionnelle, née du souhait que tous les êtres, sans exception, trouvent le bonheur et les causes du bonheur — sagesse, liberté intérieure et compassion –, et soient libérés de la souffrance et de ses causes profondes : l’ignorance et les toxines mentales — haine, désir obsessionnel, arrogance, jalousie.

Nous sommes loin d’un optimisme béat qui peindrait en rose la triste réalité d’un monde mauvais.

Notre optimisme éclairé procède d’une attitude ouverte et créatrice qui permet d’embrasser spontanément l’univers et les êtres au lieu de se retrancher derrière le sentiment de l’importance de soi.

L’esprit de la plénitude :

L’instinct nous dit que la conscience se trouve dans notre cœur.

La science nous dit qu’elle a son siège dans le cerveau.

Le bouddhisme, lui, la décrit comme un phénomène interdépendant avec le cerveau, le corps et l’environnement.

Quoi qu’il en soit, nos événements mentaux et nos émotions sont en corrélation avec l’activation, l’inhibition ou la synchronisation de diverses régions du cerveau.

La méditation consiste à se familiariser avec une nouvelle façon d’être et d’agir liée à l’entraînement de l’esprit.

Sur le plan physique, les effets durables de cet entraînement sont permis par la malléabilité du cerveau sous l’influence d’un enrichissement intérieur qui s’ajoute à celui fourni par notre perception de l’extérieur.

Cet entraînement de l’esprit change notre interprétation du monde et notre façon de vivre les émotions.

Il permet un épanouissement optimal, un état acquis de plénitude sous-jacent à chaque instant de l’existence et qui perdure à travers les inévitables aléas la jalonnant.

 

 

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