Avr 05 2019

Méditer c’est aussi s’entraîner à écouter selon Christophe André

 

Un dialogue constructif

 

Avoir toujours raison ?

Je me souviens d’un petit dessin humoristique, juste et drôle. C’est un couple qui est assis dans son lit, chacun sur son oreiller, les bras croisés et l’air contrarié des gens qui sont en train de se disputer. La dame demande au monsieur : « mais pourquoi cries-tu si fort ? » Et le monsieur de répondre : « parce que j’ai tort ! »

Je me rappelle aussi l’impression ressentie lors de ma première lecture de « L’Art d’avoir toujours raison » de Schopenhauer : ça m’avait fichu le spleen de réaliser que certains lecteurs s’en inspireraient sans doute pour défendre leur point de vue sans écouter celui de l’autre.

La parole comme ustensile de fourberie ou comme sport de combat ? Très peu pour moi !

Il y a tellement de moments où nous voulons avoir raison pour justement de très très mauvaises raisons ! Par orgueil, par égoïsme, par intérêt, par entêtement, par paresse… Du coup, on n’est plus crédible quant on s’attache à avoir raison pour de bonnes raisons, pour la défense de nos idéaux plutôt que celle de notre égo.

Mais ce n’est pas facile d’échapper à cette tentation !

Dans son « Autoportrait au radiateur », le poète Christian Bobin raconte ce moment d’un dialogue : « Je réponds n’importe quoi, je réponds pour arrêter la question, pas pour l’éclairer. » Nous avons à nous surveiller, régulièrement, de cette tentation de ne pas écouter, et de répondre seulement pour nous soulager, pour faire taire l’autre, ou pour avoir raison.

C’est un travail régulier et passionnant d’autodiscipline et d’auto-observation. Par exemple, lorsqu’on s’entraîne à méditer, on s’entraîne aussi à écouter, à s’observer en train d’écouter. Et on découvre que bien souvent, on n’écoute pas l’autre qui parle : mais on le juge, on compare ses convictions avec les nôtres, on prépare ses propres réponses…

Alors qu’en écoutant vraiment autrui, sans chercher à savoir qui a raison ou qui a tort, en cherchant juste à comprendre comment il voit les choses, on entre dans un dialogue et on écarte l’affrontement de deux égos devenus sourds l’un à l’autre…

Et vous, c’était quand la dernière fois où vous avez senti qu’au lieu d’écouter vous cherchiez à avoir raison ?

 

Ce texte reprend une chronique de Christophe André,

dans l’émission d’Ali Rebehi,Grand bien vous fasse, sur France Inter. 

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Mar 14 2019

Une certaine philosophie du bonheur

Une philosophie du bonheur ?

Qui était le Bouddha ?

La tradition zen : pourquoi méditer ?

L’avenir appartient à ceux qui s’éveillent tôt

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Mar 13 2019

Les effets positifs de la Méditation sur notre cerveau

 

La méditation, ensemble de techniques développant la régulation des émotions et le contrôle de l’attention, permet en effet de moduler les réactions corporelles. Elle consiste à focaliser son attention sur un objet, une sensation ou, au contraire, à l’élargir à tout ce qui nous entoure (présence ouverte). Dans l’ouvrage Cerveau et Méditation (Allary, 2016), un dialogue avec le neurologue Wolf Singer, Matthieu Ricard expose comment on peut se forger un cerveau plus agile, résilient, heureux et surtout altruiste. Il décrit cinq points clés pour y arriver.

1. Réguler ses émotions pour ne plus en être esclave

Décrypter et réguler ses émotions consiste à toutes les accepter, même les plus douloureuses, et à en identifier les nuances pour mieux les moduler. Les sept émotions de base (tristesse, colère, dégoût, joie, peur, surprise, mépris), sont en réalité plus complexes qu’il n’y paraît… car les méditants chevronnés distinguent jusqu’à 58 états mentaux principaux. Ainsi, si la colère comporte de l’agressivité, voire de la malveillance, elle présente des aspects positifs comme la clarté, l’attention et l’efficacité que l’on peut utiliser dans une juste indignation par exemple. Le défi mental est donc de renforcer les composantes positives de toute émotion sans se laisser emporter par les tendances négatives, source de souffrances.

2. Focaliser et maintenir son attention

« Les méditants peuvent maintenir leur attention à un niveau optimal pendant des périodes relativement longues […] même après quarante-cinq minutes », souligne Matthieu Ricard. Comment ? En entraînant leur esprit à se focaliser, sur le souffle, un son, un objet, pour entrer dans un “flux attentionnel” qui, paradoxalement, peut se maintenir sans effort chez les pratiquants chevronnés. Les aires cérébrales liées à l’attention sont en effet moins activées chez ces derniers comparativement aux méditants débutants alors que leur performance est très élevée.

3. « Se laisser traverser par ses pensées »

Méditer ne consiste pas à “ne penser à rien” ni à “faire le vide”. Il s’agit plutôt de laisser passer les pensées, tels des nuages, sans s’attacher à aucune. « Il est inutile de tenter de bloquer les pensées qui sont déjà là […] mais il s’agit de les empêcher d’envahir notre esprit », explique Matthieu Ricard. L’esprit atteindrait ainsi un état de conscience “pure”, un « espace de travail intérieur », que l’on peut « remplir de contenus sélectionnés intentionnellement comme l’empathie ou la compassion ».

4. Développer la compassion

La plus puissante des méditations – qui active le plus d’ondes gamma- est celle “de compassion”, où l’amour altruiste emplit l’espace mental. Quand des méditants en état de compassion entendent des cris de détresse et un rire de bébé, les aires du cerveau liées à l’empathie sont activées. Ce qui indique un accroissement de la sensibilité au sort d’autrui. Une étude du Pr Tania Singer, de l’Institut Max-Planck (Allemagne), a démontré que le burn-out était un épuisement émotionnel dû à une “fatigue de l’empathie”. Selon elle, cultiver la bienveillance agirait comme un antidote.

5. Maintenir un flux positif en s’endormant

« Un pratiquant s’efforce de méditer sur l’amour altruiste jusqu’au coucher », assure Matthieu Ricard. Perpétuant ce flux positif dans le sommeil. Chez les méditants chevronnés, l’accroissement des ondes gamma se maintient effectivement même endormis, avec une intensité proportionnelle au nombre d’heures consacrées à la méditation. C’est la marque d’« une transformation stable de leur état mental habituel ».

 

Les effets positifs de la méditation dans le temps.

 

Conférence d’Antoine Lutz à la Cité des Sciences

 

 

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Fév 22 2019

La vraie vie

 

Méditer, c’est comprendre.

Comprendre que “tu” ne peux pas méditer.

Car le principal obstacle, c’est toi. Ta manie de tout contrôler, qui fait que tout finit par te ressembler.

Or la méditation est océanique. Tu ne peux pas prendre l’océan. Mais tu peux prendre un bain dans l’océan. Alors c’est l’océan qui te prend, qui te porte, qui te baigne de partout.

Tout ce que tu peux faire c’est d’entrer dans la méditation comme on entre dans l’eau.

Dès que tu n’as plus pieds _ les pieds sont ton ego _

l’aventure commence. La méditation est cosmique.

Elle te met au diapason des vibrations qui te changent

radicalement des ondes qu’émet à longueur de journée ton

mental volontariste.

Plus tu cèdes, plus tu reçois.

Plus tu ouvres, plus tu es vaste.

Soudain te voilà à ton tour, océan.

Mais n’en fais pas un plat ! Ni une technique. Ni un but.

Constate et réjouis-toi.

Et si, quelques instants plus tard la mer te dépose sur le

sable pour cause d’idéation furtive,

François Roux

n’en fais pas un drame !

Retourne à l’eau. A ton eau vive.

Inépuisable est l’océan de la méditation.

 

 

 

 

 

Bibliographie

Harmonique   (Éditions Âgamât)

L’En neuf   (Éditions Âgamât)

La Source océane   (Éditions Âgamât)

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Fév 13 2019

La Bhagavadgîta, Le Chant du Bienheureux

Le dieu Vishnu – crédits: © Bharat Kala Bhavan

« Que la Ghîta, disait Gandhi,

vous soit une mine de diamants, comme elle l’a été pour moi ;

qu’elle soit toujours votre guide et ami sur le chemin de la vie ».

Pour comprendre les sagesses qui sous-tendent

ce magnifique texte de la tradition indienne, et

nous guider dans Le Chant du Bienheureux,

Marc Ballanfat,

professeur de philosophie et docteur en histoires des religions,

à la fois héritier de la philosophie antique occidentale

et spécialiste de philosophie indienne.

Outre une introduction au célébrissime poème,

Marc Ballanfat propose une postface intitulée

Yogarasa ou la saveur du yoga

dans laquelle il commente cinq aphorismes extraits de la Gîta,

aphorismes essentiels pour la compréhension de la philosophie

du texte et qui servent de guide tout au long de cette émission.

Texte lu : extraits de la Bahghavatgîtâ

 

 

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