Nov 12 2018

Se convertir à l’optimisme…

“Décider de faire l’effort de considérer que le pire n’est pas certain, juste possible.

Être optimiste, tout en étant prudent.”

avec Christophe André

 

Quelques citoyens pessimistes à propos de l’instant suivant…en mai 68…

 

 

 

Pendant longtemps, j’ai été pessimiste.

J’avais l’impression que le pessimisme faisait de moi un humain plus lucide, plus intelligent, plus réaliste, mieux préparé à affronter toutes les adversités que j’avais imaginées.

J’avais tort.

La vie m’a ouvert les yeux. La vraie vie : pas celle qu’on se raconte dans sa tête, mais celle qui se déroule sous nos yeux, pour peu qu’on les ouvre. En observant de plus près les pessimistes, donc, j’ai vu à quel point d’une part être pessimiste rendait malheureux et d’autre part ne préparait pas du tout à mieux s’en sortir en cas de malheur. Au contraire, voir vivre des optimistes me faisait comprendre peu à peu qu’ils étaient plus heureux et tout aussi capables d’affronter l’adversité quand elle arrivait.

Les études scientifiques conduites sur ce thème confirment à peu près toutes la chose : la plupart du temps, les optimistes vont mieux, et s’en sortent mieux. Par exemple en médecine, ils prennent mieux soin d’eux quand ils sont malades (ils ont confiance dans le fait qu’il est possible de guérir, là où les pessimistes pensent volontiers qu’ils sont foutus et que rien ne pourra marcher) ; puis, ils profitent mieux de la vie quand ils sont guéris.

Alors j’ai décidé de me convertir, décidé d’avoir la foi moi aussi, la foi en l’avenir, de faire l’effort de considérer que le pire n’était pas certain, juste possible. Et que pour l’affronter, mieux valait avoir l’énergie de l’optimisme que le découragement du pessimisme. Mais quel boulot ça a représenté, et quelle fatigue parfois ! C’est épuisant de suivre le rythme des optimistes…

Comme je n’avais pas appris à être optimiste petit, j’ai du faire le boulot une fois devenu grand. J’ai méthodiquement pris le temps de vérifier si toutes mes prédictions négatives se réalisaient : c’était minable ! Heureusement que je suis devenu psy, et pas voyant, je serai mort de faim…

Et en plus ça me fatiguait et me stressait pour rien. Je passais mon temps à imaginer le pire, et à chaque fois qu’il ne survenait pas, au lieu de me réjouir et de réfléchir, je me disais : « oui, mais ça aurait pu arriver » et je ne touchais pas à mon pessimisme. J’ai pris le temps aussi d’observer les optimistes : certes, de temps en temps ils se trompaient dans leurs prédictions ; et alors ? Mieux vaut quelques déceptions et une vie joyeuse, plutôt qu’avoir parfois raison dans une vie peureuse.

Au fait, c’est quoi l’optimisme ? C’est une attitude mentale avec des conséquences comportementales. Attitude mentale : face à un problème, supposer que des solutions existent, même imparfaites, même incomplètes. Conséquences comportementales : agir pour que ces solutions existent. L’optimisme ne consiste pas à croire qu’il n’y aura pas de problèmes, mais à se bouger pour engendrer des solutions.

Vous avez remarqué que j’ai dit « attitude » et pas « personnalité », car aujourd’hui j’en suis persuadé,us portons en nous les 2 capacités, à l’optimisme et au pessimisme. Et l’idéal me semble être d’utiliser les 2 ! Un peu de pessimisme pour scanner les dangers possibles, et beaucoup d’optimisme pour activer confiance et énergie afin de leur trouver des solutions. Marchons sur nos 2 jambes au lieu d’avancer à cloche-pied sur la jambe optimiste ou la pessimiste…

Christophe André.

llustration de l’auteur : Quelques citoyens pessimistes à propos de l’instant suivant…en mai 68…

1- Écouter les chroniques de Christophe André sur France Inter

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Oct 10 2018

L’illusion de l’ego

L’illusion de l’ego

Par Matthieu Ricard

Moine bouddhiste, Photographe et Auteur

 

Photo de Matthieu Ricard

 

Dès ma première rencontre avec des sages de la tradition du Bouddhisme tibétain, j’ai été frappé par le fait qu’ils manifestaient d’une part une grande force intérieure, une bienveillance sans faille et une sagesse à toute épreuve, et d’autre part une complète absence du sentiment de l’importance de soi. J’ai moi-même observé à quel point l’identification à un « moi » qui siégerait au cœur de mon être est une source de vulnérabilité constante, et que la liberté intérieure qui naît d’un amenuisement de cette identification est une source de plénitude et de confiance sans égale.

Comprendre la nature de l’ego et son mode de fonctionnement est donc d’une importance vitale si l’on souhaite se libérer des causes intérieures du mal-être et de la souffrance. L’idée de se dégager de l’emprise de l’ego peut nous laisser perplexe, sans doute parce que nous touchons à ce que nous croyons être notre identité fondamentale.

Nous imaginons qu’au plus profond de nous-mêmes siège une entité durable qui confère une identité et une continuité à notre personne. Cela nous semble si évident que nous ne jugeons pas nécessaire d’examiner plus attentivement cette intuition. Pourtant, dès que l’on analyse sérieusement la nature du « moi », on s’aperçoit qu’il est impossible d’identifier une entité distincte qui puisse y correspondre. En fin de compte, il s’avère que l’ego n’est qu’un concept que nous associons au continuum d’expériences qu’est notre conscience.

Nous pourrions penser qu’en consacrant la majeure partie de notre temps à satisfaire et à renforcer cet ego, nous adoptons la meilleure stratégie pour atteindre le bonheur. Mais c’est faire ainsi un mauvais pari, car c’est tout le contraire qui se produit. L’ego ne peut procurer qu’une confiance factice, construite sur des attributs précaires – le pouvoir, le succès, la beauté et la force physiques, le brio intellectuel et l’opinion d’autrui – et sur tout ce qui constitue notre image.

Une confiance en soi digne de ce nom est tout autre. C’est paradoxalement une qualité naturelle de l’absence d’ego. La confiance en soi qui ne repose pas sur l’ego est une liberté fondamentale qui n’est plus soumise aux contingences émotionnelles, une invulnérabilité face aux jugements d’autrui, une profonde acceptation intérieure des circonstances, quelles qu’elles soient.

Cette liberté se traduit par un sentiment d’ouverture à tout ce qui se présente. Il ne s’agit pas d’une distante froideur ni d’un détachement sec, comme on l’imagine parfois lorsque l’on parle du détachement bouddhiste, mais d’un rayonnement altruiste qui s’étend à tous les êtres.
Lorsque l’ego ne se repaît pas de ses triomphes, il se nourrit de ses échecs en s’érigeant en victime. Entretenu par ses constantes ruminations, sa souffrance lui confirme son existence autant que son euphorie. Qu’il se sente porté au pinacle, diminué, offensé, ou ignoré, l’ego se consolide en n’accordant d’attention qu’à lui-même.

L’attachement à l’existence de l’ego considéré comme une entité unique et autonome est fondamentalement dysfonctionnel, car il est en porte-à-faux avec la réalité. Fondé sur une erreur, il est constamment menacé par la réalité, ce qui entretient en nous un profond sentiment d’insécurité. Conscient de sa vulnérabilité, l’ego tente par tous les moyens de se protéger et de se renforcer, éprouvant de l’aversion pour tout ce qui le menace et de l’attirance pour tout ce qui le sustente. De ces pulsions d’attraction et de répulsion naissent une foule d’émotions conflictuelles.

En vérité, nous ne sommes pas cet ego, nous ne sommes pas cette colère, nous ne sommes pas ce désespoir. Notre niveau d’expérience le plus fondamental est celui de la conscience pure, cette qualité première de la conscience et qui est le fondement de toute expérience, de toute émotion, de tout raisonnement, de tout concept, et de toute construction mentale, l’ego y compris.

Pour démasquer l’imposture du moi, il faut ainsi mener l’enquête jusqu’au bout. Quelqu’un qui soupçonne la présence d’un voleur dans sa maison doit inspecter chaque pièce, chaque recoin, chaque cachette possible, jusqu’à être sûr qu’il n’y a vraiment personne. Alors seulement peut-il avoir l’esprit en paix.

Si l’ego constituait vraiment notre essence profonde, on comprendrait notre inquiétude à l’idée de s’en débarrasser. Mais s’il n’est qu’une illusion, s’en affranchir ne revient pas à extirper le cœur de notre être, mais simplement à ouvrir les yeux, à dissiper une erreur. L’erreur n’offre aucune résistance à la connaissance, comme l’obscurité n’offre aucune résistance à la lumière. Des millions d’années de ténèbres peuvent être dissipées instantanément lorsqu’une lumière est allumée.

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Oct 09 2018

Éloge de la lenteur

Privilégier la marche,

prendre le temps de cultiver des plantes,

les regarder pousser…

Ce sont des moyens de se sentir exister !

Et, ne jamais oublier que

Pour faire un jardin,

il faut un morceau de terre et l’éternité.

 

Un débat enregistré en juin 2015

 

Approches sensibles d’un jardinier-écrivain,

d’un marcheur-anthropologue

et de deux “passeurs de sagesse”:

 

Gilles Clément, paysagiste, enseignant, écrivain

David Le Breton, anthropologue et sociologue, professeur à l’Université de Strasbourg

Catherine Portevin, chef de la rubrique Livres de “Philosophie Magazine”

Frédéric Worms, professeur de Philosophie à l’Université de Lille III, directeur du Centre International d’Étude de la Philosophie Française Contemporaine à l’École Normale Supérieure.

 

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Oct 07 2018

L’attention, la voie de l’éveil

L’attention soutenue,

le point de départ pour suivre la Voie

selon le Bouddha.

 

Jeanne Schut,

dans cette émission de Sagesses bouddhistes,

nous présente un texte fondamental

pour la tradition theravada,

le satipatthana sutta, la voie de l’attention.

 

Issu du Canon Pali, ce texte attribué au Bouddha,

décrit l’Attention, c’est-à-dire la façon dont on

arrive à avoir une conscience claire

des choses et des événements mentaux,

  en travaillant sur ses quatre fondements que sont

le corps, les sensations, l’esprit et

les formations mentales nées de notre expérience.

 

 

Jeanne Schut

 

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Sep 23 2018

De l’ab-sens au sens de la vie

De l’ab-sens au sens de la vie,

une lecture des Yoga-Sûtra.

par François Roux

 

Les récents chiffres sur le suicide semblent révéler la cruelle absence de sens de certaines existences, ce qu’ont exprimé au cours du XXe siècle les philosophies de l’absurde.

Rendre un sens à la vie, c’est alors être à l’écoute de son monde

intérieur, notamment grâce aux bienfaits de l’assise yoguique.(…)

Une enquête de la Sofres, publiée en Janvier 2000, nous apprend que huit millions et demi de Français ont déjà « sérieusement envisagé » de se supprimer. Ainsi, chaque jour, statistiquement, vous croisez plusieurs candidat(e)s à la tentative de suicide. Certains passent à l’acte et tentent de se suicider, puisqu’aussi bien il y a maintenant un « mode d’emploi » : ils sont 160 000 chaque année. Cela vous paraît peu en comparaison. Détrompez-vous. C’est un geste mortifère toutes les trois minutes. Quant au « taux de réussite », il semble léger, à tout le moins très supportable : 12 000 par an, soit un suicide toutes les 43 minutes. Quand vous aurez fini ce chapitre, que vous lisez attentivement, il y aura un Français de moins. Par désespoir.

Dans quel sens va la vie que nous nous laissons faire ?

(…)

LE SENS DE LA VIE EN QUESTION

(…)

Il n’est pas étonnant que les philosophies de l’absurde aient émergé au lendemain de la seconde guerre mondiale. Deux conflits si fous, si meurtriers, en moins de trente ans, donnaient en effet à croire que l’homme avait perdu la tête. Et que le Créateur avait déserté sa création. La création artistique elle-même n’y échappa point. À un critique d’art qui lui demandait: « Qu’est-ce que vos tableaux veulent dire ? », Picasso répondit: « Regardez par la fenêtre. Quel sens ont l’oiseau, l’arbre, le soleil ? Si l’existence n’a pas de sens, pourquoi mes tableaux devraient-ils en avoir un ? » Boutade peut-être. Mais boutade pleine de … sens ! Car un monde sans oiseau, sans arbre et sans soleil eut été un monde sans Picasso.

Arrêtons-nous un instant sur le mot « absurde ». Quel est son sens profond ? En latin, « absurdus » signifie « totalement sourd ». Dire que quelque chose est absurde, c’est donc sous-entendre qu’on n’a pas l’intention d’entendre. Qu’on n’y entend rien et qu’on n’a nullement envie de faire l’effort d’y comprendre quelque chose. C’est se fermer. Se rendre sourd. Complètement sourd. « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre » dit justement la sagesse populaire.

Nous serions donc devenus « sourds au monde » qui est le nôtre, à ses racines, à ses rythmes, à ses équilibres, à ses cycles. Il y a du vrai là-dedans, la langue nous le montre : « j’ai perdu le nord », « je suis déboussolée », « je vis à côté de mes baskets »…

Comment nous remettre « à l’écoute du monde » ? Comment retrouver « le sens de la vie » qui nous habite ?

Pour le yoga, et depuis des millénaires, les choses sont claires. Il faut, en tout premier lieu, car tout part de là, nous remettre à l’écoute de notre monde intérieur. Il faut habiter ce corps où loge notre vie. Il faut rendre à nos sens toute leur richesse de perception. Car notre absence au monde, c’est d’abord une ab-sens, un éloignement de notre sensorialité ayant pour conséquence un règne sans partage du mental. Et, l’étymologie le dit, quand tout devient mental, tout devient mentir. Et pour qui se trouve dans cet état de « congestion cérébrale », le pire est qu’il ne s’en rend même plus compte.

Les « tourbillons du mental » (les vritti) font partie intégrante de notre nature humaine. À toutes les époques, ils ont constitué un obstacle majeur sur la voie de l’unité. Loin d’y remédier, l’évolution actuelle de nos sociétés n’a fait, jusqu’à présent, qu’accélérer ce phénomène d’émiettement, qui va jusqu’à l’atomisation de l’être.

Pacifier le mental, trouver les passages menant au-delà des tourbillons, revenir à l’être profond, source de notre joie de vivre, tel est le grand projet du Yoga, ainsi qu’il ressort des Yoga-Sûtra de Patanjali.

(…)

UN SENS SECRET AU COEUR DU YOGA

S’il ne l’a pas inventé – car même certains animaux savent se poser sur leur séant – l’homme a perfectionné le plaisir de s’asseoir et le yoga en a fait un art et une science de haute valeur spirituelle: l’assise ou âsana.

Ouvrons donc les Yoga-Sûtra de Patanjali au chapitre deuxième, quarante sixième aphorisme. Qu’y trouvons-nous ? Une brève, une éblouissante définition de la posture, et singulièrement de la posture assise, point d’aboutissement du travail postural en yoga. Un coup de génie, où tout est dit, ou plus exactement suggéré, de l’art si subtil de se poser :

Yoga-Sûtra II. 46: Sthira sukham âsanam

« L’assise est stabilité et bien-être »

Ou comme le traduisait Gérard Blitz, avec un vrai bonheur

d’expression :

« Être fermement établi dans un espace heureux ».

 

L’assise heureuse est celle qui nous libère de toute tension.

C’est alors, et alors seulement, que nous pouvons nous rendre

présent à la présence. La plupart du temps,

nous sommes « ailleurs », tiré à hue et à dia.

Encore un pas – si l’on peut dire, puisque nous sommes assis –

et voici le quarante septième aphorisme. Peut-être l’un des

plus mystérieux des 196 sûtra qui composent l’ouvrage de

Patanjali. Peut-être aussi le coeur secret du message, puisqu’il

est exactement placé au centre même du texte:

 

Yoga-Sûtra II. 47: Prayatna saithilya ananta samâpattibhyâm

« Grâce au relâchement de l’effort volontaire et à la

contemplation de l’infini. »

Chaque mot, ici, revêt une importance extrême. Prayatna, c’est notre habitude de faire des efforts, beaucoup d’efforts, d’être tendu vers un but, de travailler « dur ». À la suite de quoi, nous-même devenons « dur »… saithilya, c’est le lâcher-prise, le relâchement des tensions, l’art de se relaxer, de cesser de « mettre la pression » (nous en sommes loin ces années-ci !). L’absorption dans. Quant à ananta, il a fait couler beaucoup d’encre aux nombreux commentateurs des Yoga-Sûtra. En tant que substantif, il désigne l’Infini, Dieu, l’Absolu. Mais c’est aussi un des noms du serpent divin sur les spires duquel repose Vishnou durant un cycle cosmique. Or, les Indiens tiennent Patanjali pour un « avatar » de ce serpent. C’est donc lui aussi qu’on invoque à travers ananta.

En tout état de cause, c’est le versant spirituel de la posture, l’ouverture à la part d’infini qui nous habite.Cet aphorisme est la clé de toute pratique yoguique, qu’elle touche au corps, au psychisme ou à l’esprit (et l’on sait que pour le yoga, tout est pris en compte). Nous sommes ici très proches de ce que le Bouddha appelle d’un terme paradoxal « le vainqueur de courant », dans son célèbre sûtra du Diamant. « Vainqueur de courant » est celui qui a cessé de se « battre » avec tout et d’abord avec lui-même, car l’ego se nourrit de la lutte. C’est celui qui dit « oui » à la vie, de tout son être, sans aucun « mais ».Voilà la clé, en effet, qui soudain nous délivre de notre état « duel », de cette folie de duelliste où nous finissons par perdre la vie pour de bon, après l’avoir gâchée à nous-même et aux autres.

Yoga-Sûtra II. 48: Tato dvandva anbhighâtah

« Alors les paires d’opposés ne nous assaillent plus. »

Ces fameuses « paires d’opposés », ce sont dans notre tradition grecque les « cruels dilemmes » dans lesquels nous nous enfermons : le bien / le mal, le plaisir / la douleur, le gain / la perte, l’amour / la haine etc. Lorsqu’on habite l’infini, le monde de la fragmentation n’a plus d’emprise sur nous. Nous voici réunifié. C’est bien là le but, lentement, patiemment, amoureusement recherché par le yoga.

(…)

Revue Française de Yoga, n° 23, « Le sens de la vie », janvier 2001, pp. 309-319

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