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Applications thérapeutiques du yoga

 

Applications thérapeutiques du yoga

 

Comme la pratique régulière du yoga entraîne des changements de différents ordres et peut améliorer, à long terme, la santé globale, il est difficile d’en isoler clairement les bénéfices précis. Par ailleurs, les protocoles de recherche évaluant les bénéfices du yoga sont difficiles à mettre en place parce que, par exemple, il est difficile d’obliger quelqu’un à faire du « faux yoga » (placebo) 1 heure par jour pendant 2 ans.

Des études ont tout de même été menées, dont voici les principaux résultats.

 

*     Contribuer au traitement de l’asthme.

Le yoga pourrait contribuer à abaisser la consommation de médicaments chez les asthmatiques de tous âges. Il améliorerait aussi leur qualité de vie, tant sur le plan psychologique (bonne humeur, attitude positive, confiance en soi, etc.) que physiologique (détente musculaire, souplesse et force des articulations, santé cardiorespiratoire, etc.). Comme l’innocuité du yoga est bien établie, sa pratique semble une intervention thérapeutique intéressante et peu coûteuse pouvant être utilisée comme adjuvant à la thérapie traditionnelle en cas d’asthme.

 

*     Améliorer la santé cardiovasculaire.

Des résultats d’essais cliniques ont montré que la pratique du yoga pouvait avoir un effet important sur certains facteurs de risque associés aux maladies cardiovasculaires.

On a notamment observé que le yoga pouvait atténuer le gain de poids associé à l’âge, abaisser les taux de cholestérol total, assurer un meilleur contrôle glycémique chez les diabétiques et améliorer le statut antioxydant de l’organisme. Les résultats de plusieurs essais laissent entendre que les pratiques yogiques peuvent aussi abaisser significativement la tension artétielle chez des sujets sains et hypertendus. D’autres essais cliniques indiquent que la pratique du yoga peut contribuer à freiner l’apparition de maladies coronariennes et aider à la réadaptation cardiaque. Enfin, une synthèse d’études, publiée en 2004, a relevé 13 essais portant sur le yoga et les maladies cardiovasculaires. Elle conclut que la pratique du yoga pourrait être bénéfique dans la prévention primaire et secondaire des maladies cardiovasculaires.

 

*     Lutter contre le stress et l’anxiété.

D’après les résultats d’essais ouverts portant sur des sujets en santé, le yoga influence positivement les niveaux d’anxiété et de stress et l’état de bien-être. Deux essais cliniques menés auprès d’étudiants en médecine ont révélé que la pratique du yoga pouvait diminuer le niveau de stress et améliorer le mieux-être des étudiants, diminuer l’anxiété en période d’examens et améliorer les résultats scolaires. Une autre étude réalisée auprès de musiciens a montré que le yoga pouvait diminuer l’anxiété liée à la performance musicale, ainsi que l’anxiété en général, la dépression et la colère.

Chez des gens atteints d’anxiété et de troubles anxieux, une revue systématique a montré que le yoga pourrait être une thérapie efficace pour contrer la maladie, malgré le peu d’études de bonne qualité publiées jusqu’à maintenant.

 

*     Améliorer la qualité du sommeil.

Quelques études scientifiques portant spécifiquement sur les effets du yoga sur le sommeil ont été publiées. Une étude préliminaire a révélé que la pratique du yoga améliorerait la qualité du sommeil des sujets souffrant d’insomnie chronique. D’autres études, portant sur des personnes âgées, indiquent que la pratique du yoga aurait un effet positif sur leur qualité de sommeil, sur le temps d’endormissement et sur le nombre total d’heures de sommeil.

 

*     Améliorer la qualité de vie relativement au cancer.

Depuis 2009, de nombreuses publications scientifiques et une synthèse systématique de la littérature scientifique ont été publiées. Leur objectif était d’évaluer l’efficacité du yoga chez les patients cancéreux ou survivants du cancer. Elles concluent que la pratique du yoga est bien tolérée dans cette population et que le yoga engendre plusieurs effets positifs quant à la qualité du sommeil, de l’humeur, des niveaux d’anxiété, de dépression, de fatigue, et de gestion de stress.

 

*     Améliorer la capacité pulmonaire et cardiorespiratoire.

Les résultats de plusieurs publications montrent que la pratique du yoga permet d’améliorer, chez des sujets normaux, les fonctions pulmonaire et cardiorespiratoire et la performance à l’exercice. En 2009, 2 petites études cliniques ont montré que le yoga améliore la respiration (plus profonde et plus lente) ainsi que de la capacité fonctionnelle des patients souffrant de maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC).

Les résultats des essais portant sur les effets de la pratique du yoga sur la fonction pulmonaire sont toutefois inconstants. Ils varient selon la durée et le type de yoga pratiqué, de même que des sujets enrôlés dans ces essais. Néanmoins, certains résultats sont prometteurs. Ainsi, un essai préliminaire mené auprès de 15 patients, âgés de 48 ans à 75 ans, souffrant de bronchite chronique indique que la pratique du yoga pourrait améliorer leur respiration.

 

*     Contribuer au traitement de la dépression.

Une synthèse de 8 études aléatoires visant à évaluer l’efficacité de la pratique de différentes formes de yoga dans le traitement de la dépression a été publiée en 2010. Tous les essais rapportaient des effets positifs du yoga sur les symptômes de dépression. Les auteurs concluent que le yoga semble une approche intéressante et innovatrice en ce domaine. Ils soulignent toutefois que la qualité des protocoles est insuffisante pour tirer une conclusion définitive.

Par ailleurs, un essai ouvert réalisé en 2005 chez 113 sujets hospitalisés pour des problèmes psychiatriques indique que la pratique du yoga améliore significativement l’humeur.

 

*     Contribuer au traitement des troubles musculosquelettiques.

Les résultats d’essais cliniques menés auprès de sujets sains et de patients souffrant de divers troubles musculosquelettiques révèlent que les techniques yogiques peuvent contribuer à améliorer plusieurs aspects de ces affections, notamment l’atthrose des mains et des genoux et l’arthrite rhumatoïde.

En ce qui concerne la lombalgie chronique (mal de dos), quelques études ont été publiées au cours des dernières années. Elles indiquent entre autres que la pratique du yoga réduirait de manière significative l’intensité de la douleur, le degré d’incapacité fonctionnelle et l’usage de médicaments antidouleur.

Un seul essai clinique a évalué les effets du yoga sur les symptômes du syndrome du canal carpien. La pratique du yoga soulagerait la douleur liée à cette affection.

 

*     Améliorer la mémoire et les facultés cognitives.

Quelques études laissent entendre que le yoga contribuerait à améliorer la mémoire spatiale et les fonctions cognitives des adolescents. Il pourrait aussi améliorer le quotient intellectuel (QI) des enfants atteints de déficience mentale et influer favorablement sur leurs capacités d’adaptation sociale.

 

*     Contribuer au traitement des toxicomanies.

Bien que le yoga soit couramment employé en Inde comme intervention de soutien dans les cures de désintoxication, peu d’essais cliniques ont été menés pour démontrer son efficacité en la matière. Dans un essai aléatoire mené auprès de 61 toxicomanes traités à la méthadone (succédané synthétique de la morphine) et comparant les effets du yoga à ceux d’une psychothérapie de groupe classique, on a pu observer que les deux interventions étaient aussi efficaces l’une que l’autre pour réduire la consommation de drogues.

 

*     Diminuer la fréquence des crises d’épilepsie.

Un seul essai clinique bien contrôlé portant sur les effets du yoga sur la fréquence des crises d’épilepsie a été publié. Les résultats de cette étude avec placebo (séances de yoga simulées) et groupe témoin (sans traitement) auprès de 32 personnes indiquent que les sujets qui ont pratiqué les véritables séances de yoga ont eu un nombre significativement moins élevé de crises que les autres. Cependant, le petit nombre de sujets dans chacun des 3 groupes empêche de tirer des conclusions claires quant à l’efficacité thérapeutique de cette intervention.

 

*     Soulager les symptômes du syndrome de l’intestin irritable.

Un petit essai clinique aléatoire a été mené auprès de 22 hommes souffrant du syndrome de l’intestin irritable avec prédominance de diarrhée. Les résultats montrent que la pratique d’exercices yogiques serait aussi, sinon plus, efficace que le traitement classique à la lopéramide (antidiarrhéique de synthèse) pour soulager certains des symptômes de cette affection.

 

*     Autres application du yoga

Diverses études ont aussi mis en lumière certains bénéfices du yoga utilisé seul ou en combinaison avec d’autres approches pour améliorer la santé.

Toutefois, il existe une quantité nettement insuffisante de données de bonne qualité pour valider l’efficacité du yoga dans ces cas. Voici les principaux : grossesse, pédiatrie, sclérose en plaques, troubles de l’alimentation, obésité, stress post-traumatique, symptômes de la ménopause, fibromyalgie, migraines et prévention des chutes chez les aînés.

 

Source:
PasseportSanté.net (septembre 2010)

Recherche et rédaction : Geneviève Asselin, M.Sc., Chaire en approche intégrée en santé, Université Laval
Révision scientifique : Isabelle Marc, MD, MSc et Claudine Blanchet, Ph. D., Chaire en approche intégrée en santé, Université Laval.
(juin 2010)

 

 

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